Les
Mbunas
Les Mbunas regroupent une grande
variété d'espèces qui se sont
différenciés des autres cichlidés du lac Malawi
il y a 700 000 ans. Ce sont généralement des
cichlidés de petite taille, mesurant moins de quinze
centimètres, mais certaines espèces comme les
Petrotilapia peuvent atteindre vingt cinq
centimètres. Ils sont répartis dans tout le lac et ont
colonisé tous les milieux, à différentes
profondeurs. On en compte plus de deux cents espèces
répartis en plusieurs genres. Certaines espèces sont
endémiques d'un habitat ou d'une zone géographique,
d'autres sont retrouvées partout dans le lac, mais avec des
caractéristiques plus spécifiques selon leur
localisation géographique.
LES GENRES et SIGNES
DISTINCTIFS
On décrit actuellement douze
genres dont certains signes distinctifs sont retrouvés au
niveau de la dentition.
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GENRE
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NOMBRE
D'ESPECES
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SIGNES
DISTINCTIFS
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Cyathochromis
Trewavas,
1935
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Une seule connue:
Cyathochromis
obliquidens
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Les dents sont
côniques inversées (plus larges en haut)
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Cynotilapia
Regan, 1922
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nombreuses
espèces
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"Cyno" veut dire chien en
latin. C'est à dire que leurs dents ressemblent
à celles d'un chien: unicuspides, longues,
séparées les unes des autres et
côniques. C'est ce qui les distingue des
Pseudotropheus qui ont des dents bicuspides.
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Genyochromis
Trewavas,
1935
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Une espèce connue
:
Genyochromis
mento
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Il possède une large
bouche et une mâchoire inférieure
avancée.
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Gephyrochromis
Boulanger,
1901
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Trois espèces connues
: Gephyrochromis
lawsi
Gephyrochromis
moorii
Gephyrochromis sp."zebroides"
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Leurs dents sont très
longues et fines. La rangée de la mâchoire
supérieure est courbée vers
l'intérieur, celle de la mâchoire
inférieure est prohéminente permettant de
ratisser le sable.
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Iodotropheus
Oliver et Loiselle,
1972
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Deux espèces connues
:
Iodotropheus
sprengerae
Iodotropheus stuartgranti
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Leur mâchoire
inférieure est égèrement saillante avec
des dents bicuspides sur les rangées
antérieures
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Labeotropheus
Ahl, 1926
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nombreuses
espèces
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Ils possèdent trois
éléments anatomiques adaptés à
leur alimentation : un nez charnu, souvent calleux, une
bouche située en position infère et des dents
tricuspides au niveau des mâchoires
externes.
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Labidochromis
Trewavas,
1935
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Les Labidochromis possèdent des dents longues,
unicuspides, pointues.
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Melanochromis
Trewavasae,
1935
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nombreuses
espèces
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Ces espèces sont
caractérisées par des bandes longitudinales le
long du corps.
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Metriaclima (Maylandia)
Stauffer et al, 1997
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nombreuses
espèces
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Les Maylandia zebra se nourrissent perpendiculairement au substrat.
Ils possèdent une double rangée de dents
formant un peigne permettant de ratisser les algues.
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Petrotilapia
Trewavasae, 1935
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nombreuses
espèces
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Racleurs d'algues, les
Petrotilapia
possèdent de
très nombreuses dents tricuspides se
présentant sur une bouche partiellement
ouverte
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Pseudotropheus
Regan, 1922
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nombreuses
espèces
réparties dans tout le lac
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Bouche fermée, la
mâchoire inférieure est parallèle
à une ligne imaginaire partant du bout du museau
à un groupement d'os dans le pédoncule caudal.
Ils ont des dents bicuspides.
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Tropheops
Trewavas,
1984
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nombreuses
espèces
réparties dans tout le lac
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Ils possèdent une bouche
étroite orientée vers le bas.
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Johnson a décrit en 1975 un
autre genre, Microchromis ,
représenté par une espèce unique Microchromis zebroides. Mais ce genre est assimilé aux
Cynotilapia par beaucoup d'auteurs, bien que la
description de Johnson fasse état de différences sur
les proportions de la tête, le nombre d'écailles et le
nombre de rangées de dents.
Astatotilapia
caliptera est un Mbuna, mais il n'est pas
endémique du Malawi. On le retrouve
dans les rivières qui alimentent le lac. On pense qu'il est
à l'origine de nombreuses espèces de Mbunas, mais il
partage probablement un ancêtre commun avec les
cichlidés endémiques du Malawi.
LES COULEURS
Les Mbunas font partie des poissons
d'eau douce les plus colorés. Nombreuses sont les personnes
qui tombent en admiration devant un bac de Mbunas, pensant voir un
aquarium tropical marin.
Les deux couleurs dominantes
chez les Mbunas sont le bleu et le jaune. Selon les espèces, on va retrouver de nombreuses
variations d'intensité, de luminosité, de
répartition des couleurs: corps bleu + ventre jaune, corps
bleu + nageoires jaunes, etc... Certaines espèces ont une
nageoire dorsale rouge. Le patron mélanique (noir) met
toujours en valeur les couleurs. Dans une grande majorité des
cas, la couleur dominante des mâles est bleue, celle des
femelles grise ou jaune. Toute règle ayant son exception, le
Maylandia
lombardoi mâle est jaune et sa femelle bleue. Chez
certaines espèces mâles et femelles ont la même
couleur (ou bleue ou jaune) avec le plus souvent, mais pas toujours,
une coloration plus intense chez le mâle ( Iodotropheus
sprengerae, Cynotilapia
axelrodi...)
Il existe des espèces avec différentes couleurs : forme
B (bleue), O (orange), OB (orange Blotch): Maylandia estherae, Labeotropheus...
Chez certaines espèces est
difficile de distinguer les mâles des femelles sur des
critères de couleur (Labidochromis caeruleus, Iodotropheus
sprengerae, Pseudotropheus sp." acei" Msuli...) D'autres éléments doivent entrer
en compte pour
les différencier.
A la naissance, les alevins ont la même couleur que
leur mère, à une exception chez le Maylandia estherae
où les alevins ont la
même couleur que leurs parents : bleue chez les mâles et
jaune chez les femelles.
Arrivés à
l'âge adulte, les
mâles prennent leur couleur définitive en quelques
heures ou quelques jours
ANIMATION
SURPRISE
Les mâles dominants sont
très colorés.
Dans un espace donné, un seul des mâles est dominant. Si
l'espace est assez grand, plusieurs mâles dominants occupent
chacun un territoire. Les mâles dominants sont alors
très colorés et paradent pour attirer les
femelles.
Les
mâles dominés
essaient de passer inaperçus pour ne pas se faire agresser.
Leurs couleurs deviennent pâles. C'est un signe de
soumission.
La couleur grise ou claire permet
à la femelle, lorsqu'elle incube, de se fondre dans le
décor pour éviter d'être importunée par un
mâle ou un prédateur.
L'HABITAT
Les Mbunas sont retrouvés dans
tout le lac Malawi, principalement dans les zones rocheuses, mais
aussi intermédiaires et pour quelques espèces,
sablonneuses ( Pseudotropheus
sp." acei" , Gephyrochromis ).
L'ALIMENTATION
Alimentation et
habitat
Le mot Mbuna, qui signifie "frappeur de pierre", est employé
par les pêcheurs du lac Malawi pour désigner les
poissons des zones
rocheuses qui se
nourrissent d' Aufwuchs. L'Afwuchs est constitué d'algues qui
poussent sur les roches et qui contiennent une micro faune
constituée de crustacés, de larves d'insectes,
d'escargots, de nymphes, de zooplancton, etc...
Les Mbunas sont donc généralement des brouteurs d'algues.
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Plusieurs espèces de
Mbunas se nourrissent également de plancton. Il faut citer parmi eux les Cynotilapia, Maylandia
lombardoi
, Maylandia mbenjii, Melanochromis cyaneorhabdos,
Maylandia zebra , Maylandia sp."chitimba", les Petrotilapia, Pseudotropheus sp."daktari" , Pseudotropheus sp."elongatus chewere" ,
Pseudotropheus sp."elongatus ornatus", Pseudotropheus sp."elongatus mbenji blue"
(phytoplancton), Pseudotropheus sp."elongatus mpanga" (phytoplancton),
Pseudotropheus
longior, etc...
Chez ces espèces, les
femelles, les juvéniles et les mâles non
territoriaux se nourrissent de plancton dans la colonne
d'eau. Les mâles dominants surveillent un territoire
au sol. Il s'agit d'un territoire alimentaire puisqu'ils y
broutent l' Aufwuchs, s'aventurant rarement en pleine eau,
principalement lorsqu'il y a abondance de plancton. Mais il
s'agit aussi d'un territoire de ponte où ils vont
attirer les femelles gravides.
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Cynotilapia
afra
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Les Mbunas de la
zone
intermédiaire broutent l'Aufwuchs des roches, mais s'alimentent aussi
sur le sable où ils trouvent des débris, des algues et
des diatomées ( Metriaclima
phaeos)
Les espèces des
zones
sableuses se nourrissent des algues qui poussent sur les
racines, du bois gisant sur le sable, des débris
retrouvés sur le sable.
Quelques techniques alimentaires
des mangeurs d'algues
Les différents genres
de Mbunas ont des dentitions différentes qui leur permettent
de s'alimenter selon des techniques particulières.
On peut citer quelques exemples :
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- Les Labeotropheus vivent dans l'habitat rocheux
balayé par les vaques et possèdent plusieurs
éléments anatomiques parfaitement
adaptés à leur alimentation. Tout d'abord un
nez charnu, souvent calleux, permettant de faire levier pour
arracher les algues filamenteuses solidement fixées
sur des rochers. Ensuite une bouche située en
position infère, leur permettant de brouter en
restant au plus près des rochers, sans être
emportés par les vagues. Enfin leurs dents
tricuspides des mâchoires externes permettent
d'enlever un maximum de nourriture. Les Labeotropheus fuelleborni
possèdent en plus un corps compressé
latéralement. Lorsqu'ils sont trop secoués par
les remous, ils déploient leurs nageoires et
maintiennent leur équilibre. C'est un avantage que ne
possède pas le Labeotropheus trewavasae au
corps cylindrique. On suppose que la taille
supérieure des fuelleborni par rapport aux trewavasae est dûe au fait que leur corps aplati
les favorise pour récolter d'avantage de
nourriture.
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Labeotropheus
trewavasae
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- Les Tropheops fréquentant le même habitat que les
Labeotropheus n'ont pas développé les
caractéristiques physiques de ces derniers. Ils se nourrissent
pourtant des mêmes algues filamenteuses et sont obligés
de se secouer après avoir mordu les algues pour les arracher
à leur support.
- Toujours dans cet habitat rocheux balayé par les vagues, on
trouve les Petrotilapia
qui ont
développé d'autres caractéristiques car ils ne
mangent pas les mêmes algues. Ils possèdent des
lèvres charnues laissant apparaître, même bouche
fermée, des centaines de dents flexibles tricuspides. Elles
leur permettent de racler les petites algues du substrat, ne pouvant
pas récolter les grandes algues filamenteuses. Souvent les
Petrotilapia finissent de ratisser les zones où
d'autres espèces ont déjà brouté. Comme
pour beaucoup de Mbunas, ce sont les mâles
dominants Petrotilapia
territoriaux qui se
nourrissent préférentiellement d'algues. Les autres
individus (femelles, mâles non territoriaux, juveniles) sont
principalement planctophages.
-Les Pseudotropheus
tursiops vivent dans ce
même biotope et ratissent les algues lâches. Ils ont
développé deux particularités anatomiques pour
accéder aux anfractuosités rocheuses inaccessibles aux
autres espèces: une bouche allongée et une implantation
des dents en V inversé. Ces dents sont grandes et tricuspides,
permettant de ratisser les algues par les côtés de la
bouche. Au passage, il est à noter que les femelles
Tursiops sp."tursiops mbenji" défendent
âprement un territoire d'algues où elles fourragent et
où elles élèvent leur progéniture. C'est
un fait remarquable dans le Malawi car les territoires sont
habituellement des territoires mixtes de reproduction et alimentaire
défendus par les mâles uniquement.
- Les Maylandia
zebra
se nourrissent
perpendiculairement au substrat. Ils possèdent une double
rangée de dents formant un peigne permettant de ratisser les
algues. Tout comme les Metriaclima zebra , les Pseudotropheus sp." aggressive" ratissent les algues, mais leurs dents plus grosses et
plus arondies ratissent moins d'algues à chaque passage.
Le Labidochromis strigatus
possède des dents en forme de pinces
à épiler et il arrive à récupérer
des algues laissées par les autres herbivores dans les
anfractuosités des roches.
Pseudotropheus demasoni
mord les brins d'algues
du substrat
Les Elongatus
sont herbivores et se
nourrissent en mordant les algues ou en picorant dedans.
Certaines espèces de mbunas
ne se nourrissent pas d'Aufwuchs.
Cyathochromis
obliquidens ne se nourrit
pas d'Aufwuchs poussant sur les roches, mais des algues qui poussent
sur les feuilles de certaines
plantes (Vallisneria)
Ps.
williamsi
est un mangeur d'
insectes et de larves
d'insectes qu'il trouve
à la surface de l'eau ou qu'il extrait des
anfractuosités rocheuses.
Pseudotropheus
crabro est omnivore
(Aufwuchs, plancton, ...), et fréquente Bagrus meridionalis, un poisson-chat appelé localement "Kampango"
qui vit la journée dans des grottes. Grâce à des
dents bicuspides et arquées Pseudotropheus crabro débarrasse le poisson-chat de ses
poux (Argulus africanus ) profondément ancrés dans la peau. Mais
Pseudotropheus crabro
mange également les
oeufs et les larves du
Kampango. Pour ce faire, il
change subitement sa couleur de robe qui passe du jaune rayé
de noir au brun et se précipite sur les oeufs. Bagrus meridionalis continuera à accepter Ps. crabro puisqu'à ses yeux, ce n'est pas le même
poisson qui lui vole sa progéniture (couleur brun mat
uniforme) ou qui le débarrasse de ses poux (couleur jaune
rayé de noir).
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La plupart des
Labidochromis sont insectivores et se nourrissent d'invertébrés.
Ils ne sont pas territoriaux. Ils circulent dans les
habitats rocheux et intermédiaires à la
recherche de proies. On peut citer les Labidochromis caeruleus
, Labidochromis
maculicauda,
Labidochromis
sp."perlmutt",
Labidochromis
textilis,
Labidochromis
chisumulae,
Labidochromis pallidus.
Les Labidochromis insectivores, aussi bien mâles
que femelles, chassent les congénères de leur
territoire alimentaire.
Quelques Labidochromis qui fréquentent les zones
rocheuses sont
territoriaux et se nourrissent d'algues: Labidochromis zebroides, Labidochromis vellicans, Labidochromis freibergi, Labidochromis hongi, Labidochromis
gigas
et
Labidochromis
strigatus .
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Labidochromis
caeruleus
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Les Melanochromis habituellement qualifiés de
prédateurs, sont plutôt omnivores. Mais on retrouve une grande
variabilité dans leur mode alimentaire selon les
espèces. A titre d'exemples: Melanochromis auratus
préfére l'Aufwuchs sans négliger
toutefois les alevins
des cichlidés. Melanochromis vermivorus est d'avantage prédateur,
préférant les invertébrés et le
plancton à l'Aufwuchs. Melanochromis simulans est plus prédateur qu'
herbivore à l'inverse de Melanochromis dialeptos, ceci est dû à la
compétition qu'ils on mené sur un même
territoire: Melanochromis simulans s'est finalement rapproché de
l'habitat intemédiaire favorable à la
prédation, alors que Melanochromis dialeptos allait dans l'habitat purement rocheux,
s'alimentant de la couverture végétale.
Melanochromis parallelus (habitat rocheux et intermédiaire)
mange tout ce qu'il trouve, aussi bien les matières
en suspension, le plancton, les algues, les
invertébrés, mais également les
champignons et les
parasites (Argulus) des non-Mbunas. Melanochromis baliodigma se nourrit principalement
d'invertébrés, mais aussi d' oeufs de
poissons-chats et de
petits poissons. Melanochromis chipokae chasse les petits poissons mais
s'intéresse également au sédiment mis en suspension. Melanochromis lepidiadaptes est un mangeur d'écailles. Melanochromis labrosus
mange les petits
mbunas mais également les
crustacés.
Melanochromis melanopterus est véritablement omnivore, mangeant
d'autres poissons, des invertébrés, des
crustacés, des larves d'insectes, des nymphes, mais
aussi du plancton et de l'Aufwuchs. Melanochromis interruptus ne mange que les algues. Melanochromis joanjohnsonae
se comporte comme un
insectivore, guettant les invertébrés dans la
couverture biologique, s'immobilisant puis fonçant
sur sa proie d'un mouvement brusque.
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Melanochromis
auratus
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Genyochromis
mento
n'est pas un brouteur
d'algues, mais un mangeur de
nageoires et d'écailles. Dans son évolution naturelle, il a sans doute
dévoyé une technique de combat consistant à
mordre son adversaire. Il a dû apprécier la chair et les
écailles prélevées et en a fait son met
principal. Dans le lac on observe chez lui deux techniques de chasse.
La première consiste à se rendre invisible parmi le
décor rocheux, facilité en cela par sa coloration
sombre. Il se précipite alors sur les poissons qui passent
à sa portée, se jetant sur les nageoires caudales,
pelviennes et anales porteuses d'ocelles. Après avoir
harcelé ainsi un groupe de poissons devenus méfiants,
il se déplace pour recommencer un peu plus loin avec un autre
groupe. Sa seconde technique consiste à s'attaquer à
des Mbunas qui s'affrontent. Il se régale des écailles
perdues lors du combat et profite de l'inattention des adversaires
pour les attaquer directement sur les flancs. Il est remarquable de
constater que Genyochromis
mento , réparti dans tous les habitats autour
du lac Malawi, adopte des colorations différentes, toujours
proches de celles des autres cichlidés de son habitat. C'est
une façon de se mêler incognito à ses proies pour
mieux les attaquer. Ainsi à Masinje on trouve des
Genyochromis
mento OB tout comme les Maylandia zebra locaux,
à Minos Reef des
formes OB orange vif tout comme les Maylandia estherae, à Mphanga Rocks ils sont jaunes comme les
Labeotropheus
trewavasae.
TERRITOIRE alimentaire et
SITE DE PONTE
La grande majorité des
mâles Mbunas dominants sont territoriaux tout au long de
l'année. Ils le restent sans doute durant toute leur vie. Ils
ont pour la plupart choisi un territoire unique leur permettant de
s'y alimenter et de frayer en toute tranquilité. Les zones
rocheuses et intermédiaires leur fournissent à la fois
l'Aufwuchs qui pousse sur les roches et les abris sous roche.
Une exception est représentée par Pseudotropheus sp."aggressive": en raison de la rareté de la
nourriture (habitat rocheux sans sédiment du nord du lac), les
femelles elles aussi vont défendre un territoire autour d'une
grotte, mais il reste uniquement alimentaire. Lorsqu'elle sont
gravides, elle quittent leur grotte et rejoignent celle du
mâle. Après fécondation, elles retournent dans
leur territoire.
Lorsqu'une zone alimentaire est très fréquentée,
les mâles n'arrivent pas à établir un territoire.
Ils déterminent alors un site de ponte en dehors de la zone
alimentaire, tels les Petrotilapia sp."ruarwe" et sp."small blue" où les mâles
vivent entre dix et quinze mètres de profondeur, alors que les
femelles se rencontrent dans les couches supérieures où
elles s'alimentent. Les Petrotilapia ont
parfois des territoires très vastes pouvant atteindre 20 m2,
expliquant les difficultés à les maintenir en
aquarium.
Dans l'habitat
rocheux, la plupart des
mbunas défendent un territoire constitué d'un rocher
plus ou moins gros. Selon les espèces, le lieu de ponte est
différent. A titre d'exemples, la ponte peut avoir lieu sur le
rocher (Petritilapia
sp."chitimba", ..) , contre
celui-ci (nombreuxTropheops...),
sous un surplomb du rocher (Petritilapia
sp."nigra tanzania"...), dans une grotte sous le rocher
(Metriaclima
zebras, Tropheops sp. "goldbreast", Pseudotropheus elongatus..)
Certaines espèces de
Mbuna ne défendent pas de territoire, mais circulent librement
et frayent, sans
préparer un site de ponte, à même le sol,
lorsqu'ils rencontrent une femelle gravide. Ce comportement est
observé chez les Labidochromis
(à l'exception de Labidochromis flavigulis qui est territorial et qui creuse des trous de ponte
dans le sable, devant l'entrée d'une grotte. ), les
Melanochromis, le Genyochromis mento, les
Gephyrochromis et
le
Pseudotropheus
sp."acei".
Les Iodotropheus
circulent seuls ou en petits
groupes, ils ne sont pas territoriaux. Lorsqu'un mâle
s'alimente, il chasse leurs congénères de son
territoire alimentaire.
Le territoire alimentaire du Genyochromis mento, c'est le poisson qu'il convoite. Il le défendra
donc, avec une zone de sécurité de cinquante
centimètres contre les conspécifiques qui sont ses
seuls concurents.
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Maylandia
livingstoni , seul
cichlidé conchilicole du Malawi. IL défend une
coquille vide d'escargot (Laniste) qui sert d'abri pour ses
alevins ou futurs alevins. Lors de la reproduction, les
adultes quittent le sable pour frayer dans les rochers
environnants.
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Maylandia
livingstoni
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LA REPRODUCTION
Tous les mbunas sont ovipares (pondent des oeufs) et pratiquent l'incubation buccale
maternelle, aboutissement
d'un long processus. L'incubation buccale a non seulement
préservé les espèces, mais également
aidé à une meilleure sélection
génétique. En effet, les mâles n'assurant plus la
garde des oeufs et des alevins, étaient disponibles pour
féconder plusieurs femelles. Celles-ci n'étant plus
obligées de prendre les mâles qui restaient disponibles,
ont sélectionné ceux qui avaient un meilleur patrimoine
génétique.
La reconnaissance du
partenaire
Etape primordiale qui permet de rapprocher les deux futurs parents,
la reconnaissance du partenaire vient le plus souvent de la femelle.
En effet, les mâles attendent généralement
près de leur site de ponte le passage d'une femelle gravide.
Celle-ci doit arriver à repérer le mâle de son
espèce, souvent au milieu de plusieurs dizaines
d'espèces fréquentant le même habitat. La femelle
utilise un ou plusieurs éléments pour reconnaître
son partenaire:
Son territoire ou site de
ponte: roche, grotte, sable,
taches d'algues broutées sur les roches...
Les couleurs du mâle, sa
silhouette, son odeur, ses phéromones, sa façon de
s'alimenter, sa façon de parader.
|
L'intensité des
couleurs: chez les
cichlidés qui n'ont pas de différence nette
entre les patrons de coloration des mâles et des
femelles (Iodotropheus sprengerae), le mâle ne surveille pas de
territoire et n'a pas de site de ponte particulier. Il doit
alors parader devant la femelle pour qu'elle le reconnaisse.
Ses couleurs sont alors plus vives que celles des femelles
et que celles des mâles dominés.
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Iodotropheus
sprengerae
|
Le
comportement: chez le
Genyochromis, les partenaires se reconnaissent facilement
puisqu'ils passent leur temps à manger les nageoires des
poissons qu'ils croisent.
Il n'y a pas de période de
reproduction chez les mbunas.
En maintenance aquariophile, même si beaucoup de
paramètres faussent les observations, les femelles sont
gravides environ tous les deux mois, et ce toute
l'année.
Chez les mbunas, la fertilisation
des oeufs s'effectue dans la bouche de la femelle.
On retrouve ce mode de fertilisation chez les espèces
d'apparition récente dans le lac. C'est une adaptation
à l' environnement pour éviter la prédation des
oeufs, et ce d'autant que le biotope est très
fréquenté.
La pariade
C'est à la fois la
formation du couple et le moment du frai. Dans le cas le plus typique
le mâle est positionné sur son territoire ou sur son
site de ponte. Il attire l'attention des femelles par les couleurs de
sa robe qui sont très vives et par un frétillement de
tout son corps. C'est une façon de montrer à la femelle
qu'il est de la même espèce qu'elle et qu'il apportera
un bon patrimoine génétique aux futurs alevins. Il se
dirige vers une femelle gravide et l'attire vers le site de ponte..
Si la femelle accepte l'invitation, le mâle se positionne
à angle droit avec elle, suivant la classique position en T. Tout en continuant de faire frémir sa nageoire
anale, il émet son sperme que la femelle aspire avant
même d'avoir déposé son premier oeuf. A ce stade
du frai, les
ocelles jouent probablement
un rôle. Elle pond ensuite un à plusieurs oeufs qu'elle
reprend aussitôt en bouche. La scène va se
répéter à plusieurs reprises (émision de
sperme puis ponte) jusqu'à épuisement du stock d'oeufs.
Une fois la ponte terminée, le couple se sépare. La
femelle s'isole pour se protéger et le mâle essaie de
trouver une autre partenaire.
La durée d'incubation
La femelle incube trois
semaines. Chez Maylandia
livingstoni la protection
fournie par la coquille de Laniste explique sans doute la
brièveté de la période d'incubation (16 jours
contre 21 jours pour les autres mbunas).
Plus de détails
sur
l'incubation buccale
LA MAINTENANCE EN
AQUARIOPHILIE
Les Mbunas ont une
fausse-mauvaise réputation: on les dits agressifs, occupant de l'espace,
dérangeant le décor, harcelant les femelles,
déterrant et mangeant les plantes, etc. C'est souvent
rédibitoire pour un aquariophile habitué à des
espèces calmes (guppys, cardinalis, platys, néons...)
qui voudrait changer et "faire du cichlidé". On ne peut pas
comprendre les Mbunas si on ne connaît pas leur mode de vie.
Non, ils ne sont pas agressifs, ils ne font que défendre un
territoire. Si quelqu'un veut pénétrer chez vous sans
votre accord, vous aussi vous repousserez l'intrus. Oui, certains
occupent de l'espace, mais pas plus qu'ils n'en ont besoin.
L'espèce humaine n'a pas à donner de leçons
à ce sujet. Oui, ils dérangent le décor, mais
ils ne font que déplacer du sable pour préparer un site
de ponte. Si vous voulez avoir des Mbunas heureux, laissez leur
préparer un nid douillet. J'ai pu remarquer que les
décors reconstruisaient avaient souvent plus d'allure que ceux
que je leur avais préparé. Non, ils ne harcèlent
pas les femelles, ils veulent savoir si elles sont gravides et
prêtes à frayer. L'espèce humaine se situe au
même niveau à ce point de vue: les hommes étalent
bien leurs richesses (voiture, vêtements, argent, .bijoux..)
dans le seul but de séduire. Oui, les Mbunas mangent les
plantes ... mais c'est leur nourriture !
Mis à part ces quelques points qui nécessitent
réflexion avant d'acquérir des Mbunas, il faut mettre
en avant les émotions qu'on peut ressentir à les
observer. Leur beauté, les affrontements entre mâles, la
défense du territoire, la hiérarchie, la pariade du
frai, l'incubation buccale, la naissance des alevins, la protection
maternelle, la croissance des jeunes, le changement
des couleurs des mâles,
tout ceci contribue à une évasion dans un monde
fascinant.
De manière rapide et
générale,
on peut dire qu'un aquarium de 200 litres (100*50*40 cm) est un
minimum pour leur espace vital. Le décor nécessite
beaucoup de roches comme dans leur habitat naturel et une plage de
sable. Les plantes ne sont pas une obligation. Si on en met, celles
à feuilles épaisses, comme les anubias, sont
préférables. La filtration doit assurer un
renouvellement de l'eau trois fois par heure, avec une bonne
oxygénation (rejet à la surface, système
venturi, pompe de brassage, bulleur...). La température de
chauffage doit se situer entre 20 et 26°C, le pH doit être
alcalin de 7 à 8,5, le renouvellement de l'eau de 1/3 tous les
15 jours, le nettoyage des masses filtrantes avec l'eau de l'aquarium
tous les mois. En lumière naturelle, sans éclairage,
les Mbunas donneront un festival de couleurs. La nourriture sera
basée sur les produits végétaux ( paillettes,
granulés, épinards congelés...). Pour ne pas
surpeupler le bac, il faut compter un centimètre de poisson
adulte pour trois litres d'eau (60 litres pour un trio adulte
comportant un mâle de 8 cm et deux femelles de 6 cm : (8+6+6)*3
= 60 litres).
Plus de détails sur :
l'aquarium, le
décor, le
sol, les
plantes, la
filtration, le
chauffage, l'éclairage, le
pH, la
mise en eau,
l'entretien du bac,
la
nourriture, etc...
Le choix des espèces
Pour éviter toute
erreur, avant même d'acquérir une espèce, il faut
s'assurer qu'on pourra la maintenir dans de bonnes conditions et
qu'elle sera compatible avec les autres espèces qu'on
possède ou possèdera. L'espérance de vie d'un
Mbuna étant de plusieurs années, il serait dommage de
regretter son choix. Il est donc impératif de se
référer à des sources sûres pour faire son
choix: livres, fiches poissons, discussion avec des cichlidophiles
ayant maintenu l'espèce.... Heureusement, beaucoup
d'espèces de Mbunas cohabitent sans problème. On pourra
se baser sur quelques conseils concernant le
choix des espèces et leur cohabitation.
BIBLIOGRAPHIE
"CICHLIDES AFRICAINS,
espèces d'Afrique orientale" par Dr. Wolfgang Staeck, Horst
Linke
"Les cichlidés du Malawi dans leur milieu naturel" 3°
édition. Ad Konings.
"Le guide Back to Nature des Cichlidés du MALAWI". 2°
édition, Ad Konings
"Cichlidés du lac Malawi de Tanzanie". Andreas
Spreinat.1996
"Reproduction, mode d'emploi" par Jérôme THIERRY, AFC
1994.80, R.F.C. N° 235 de janvier 2004
Le site web
de Pé Point
Mise à jour de la page:
novembre 2006